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Sorcières

Projet de création 2022

Sorcières

Texte
Mona Chollet

Adaptation
Sybille Blanc
Nathalie Sandoz

Mise en scène
Nathalie Sandoz

Chorégraphie
Forian Bilbao

Vidéo
Catherine Gfeller

Scénographie
Neda Loncarevic

Création lumière
Pascal Di Mito

Univers sonore
Cédric Liardet

Musique live
En cours

Distribution
En cours

DOSSIER
La spectacle

Dans notre culture actuelle, la sorcière est considérée comme une figure positive de la libération de la femme, désormais icône de certains courants féministes. Cela n’a pas toujours été le cas, puisqu’entre le 16e et 17e siècle, au temps de la Renaissance, traiter une femme de «sorcière» équivalait à la condamner à mort. Des dizaines de milliers de femmes ont subi ce sort en Europe.
Aujourd’hui encore, ces chasses aux sorcières conditionnent profondément notre système de pensée, nos valeurs et nos comportements. Voilà à quoi l’essai passionnant de Mona Chollet «Sorcières» nous invite à réfléchir. Documenté comme une thèse de doctorat, haletant comme un roman, l’ouvrage de la journaliste au
Monde Diplomatique, originaire de Genève, explore comment l’ombre de la sorcière plane sur la condition féminine pour générer, au fil des siècles, certains archétypes de femmes qui se sont inscrits durablement dans l’inconscient collectif. Beaucoup s’y sont reconnues, à en croire le grand succès public et critique, en Suisse comme en France, qu’a remporté «Sorcières».
Mona Chollet nous incite à réfléchir aux motivations profondes qui sont à l’origine de nos choix. Elle met à jour l’emprise des conventions et le désir d’appartenance qui étouffent trop souvent notre besoin d’incarner notre vraie identité et laisser émerger la sorcière qui est en nous.
A l’instar de «Sorcières», le spectacle que nous désirons créer s’articulera autour de l’héritage multiple engendré par ces siècles de terreur qui ont censurés, tués et réprimés des milliers de femmes et dont les braises des bûchers ne sont pas encore éteintes. Les stigmates sont nombreux, chez les hommes comme chez les femmes. Dès lors, comment sortir de cette hallucination collective afin de dessiner enfin, comme le préconise le manifeste de WITCH, les contours «d’une culture dans laquelle les hommes et les femmes participent de manière égale dans une société véritablement coopérative» ?
Pour aborder de manière limpide et profonde les défis que cette question requiert de relever, nous traiterons de trois types de sorcières modernes, trois figures féminines qui paient un lourd tribut à cet héritage dominant et haineux ; les femmes indépendantes, les femmes qui n’ont pas de désir d’enfant et les femmes vieillissantes. Autant de femmes qui se définissent, non pas par rapport à un homme ou à une progéniture, mais par elles-mêmes et vivent pour elles-mêmes, représentant de ce fait même une menace à l’ordre établi.